Ouli Poésie : Contraintes éphémères.
Quarante paires* aléatoires,
Ouli Poésie : Contraintes éphémères
Quarante paires* aléatoires,
Un mot hors dictionnaire,
Et puis deux mots choisis
Pour leur sens indécis
Cent vers blasphématoires.
Enfant, je me rêvais, poète,
Et puis le temps passa,
Sur mes rêves,
Et quelques tempêtes,
Sous mon front protubulaire
Un sale temps à prédire,
Pour les prophètes,
Les pauvres hères et les mendiants lépreux,
Travailleurs sans salaire,
Ou mineurs catarrheux.
Un jour une voie se fraya sous ce front, ces oreilles
D’une société nouvelle,
Je serai patricien,
Serviteur,
D’une église si belle,
A nulle autre pareille,
Je serais mathématicien.
Mathématique : une voix se faisait entendre,
Mon maître, Signore Grazzi,
Gazouillait, analyses, et puis synthèses,
Edificando da quei palazzi,
Thèses, antithèses,
Ovales paraboles,
Règles, compas, mines,
Ou blancs manteaux d’hermine,
Je me vis sur un trône en habit de symboles.
Mon esprit, toujours avide de conquêtes
Pénétrait là dessous enfin quelques mystères,
Pas de trésor Cathare ni secret Gaëlique,
Mais tout un monde de requêtes,
Et de passions austères.
Cardano, Ferrari, piu di meno, meno di piu,
Des espaces imaginaires,
S’offraient à moi comme un jour s’offrit la terre, nue
A quelques hommes,
Des moines, phalanstères.
Je me revois enfant, sur les hauteurs de Pise,
La chute de mon corps du sommet d’une église,
Et moi, encore, adolescent, rebelle incandescent,
Apôtre dogmatique, virtuose apostat,
Jouant de ses accents,
De variables états,
Ou de Socrate, secret émule,
Je me revois, jouant à des formules,
Sur les monts athéniens,
Alchimiste fiévreux ou morne apothicaire,
Mon avenir enfin en bandoulière,
Sur des chemins jordaniens,
Mathématicien, poète, mendiant, brigand,
Des deux François, de Viète et de Villon,
De
la Francisque , résistant vagabond,
Général de brigade, Bourbaki de son nom,
Disciplines d’esprits, doctrines militaires,
Je me rêvais poète et je suis musicien,
D’un instrument sans cordes,
Pupitres à trente six mains,
Fronton de la discorde.
Du Maréchal Roubaud, fervent conspirateur,
Aviateur, spadassin, grognard de la marine,
Ou travailleur de force,
Planteur de tournesols,
Et modeleur de dunes,
Des voyages en sofas,
Du sol,
De mes racines, corses,
Aux soirs de pleine lune.
Je rêve de futurs anciens,
De passés antérieurs,
Du présent trépassé,
D’avenirs entrevus
Et d’ailleurs démodés.
Je serais mathématicien, poète, sans logis,
Je me réchaufferais au feu de mes amis,
Je serai poète, enfant, banni,
Mais toujours insoumis,
Je serai Jaques Roubaud,
Peut-être,
Ou ribaud de tripot,
De comptoir en ouvroir,
De quintal en tonneau,
Mathématicien esthète,
Poète purulent,
Enfant,
Prophète,
Héritier de ma terre,
Pionnier de l’univers,
Un point microscopique, quelques quarks,
Je serai tout, néant, trou noir,
Je serai fente, miroir,
Une âme sans passé,
Un rêveur incarné,
Un pionnier sans avoirs,
Je serai homme, ou femme,
Incertaine blessure,
Je serai flamme
Qui rassure,
Prédicateur de foire,
Ou livre incantatoire,
Un valet sans atout,
Un point … ce sera tout !
Un mot hors dictionnaire,
Et puis deux mots choisis
Pour leur sens indécis
Cent vers blasphématoires
Enfant, je me rêvais, poète,
Et puis le temps passa,
Sur mes rêves,
Et quelques tempêtes,
Sous mon front protubulaire
Un sale temps à prédire,
Pour les prophètes,
Les pauvres hères et les mendiants lépreux,
Travailleurs sans salaire,
Ou mineurs catarrheux.
Un jour une voie se fraya sous ce front, ces oreilles
D’une société nouvelle,
Je serai patricien,
Serviteur,
D’une église si belle,
A nulle autre pareille,
Je serais mathématicien.
Mathématique : une voix se faisait entendre,
Mon maître, Signore Grazzi,
Gazouillait, analyses, et puis synthèses,
Edificando da quei palazzi,
Thèses, antithèses,
Ovales paraboles,
Règles, compas, mines,
Ou blancs manteaux d’hermine,
Je me vis sur un trône en habit de symboles.
Mon esprit, toujours avide de conquêtes
Pénétrait là dessous enfin quelques mystères,
Pas de trésor Cathare ni secret Gaëlique,
Mais tout un monde de requêtes,
Et de passions austères.
Cardano, Ferrari, piu di meno, meno di piu,
Des espaces imaginaires,
S’offraient à moi comme un jour s’offrit la terre, nue
A quelques hommes,
Des moines, phalanstères.
Je me revois enfant, sur les hauteurs de Pise,
La chute de mon corps du sommet d’une église,
Et moi, encore, adolescent, rebelle incandescent,
Apôtre dogmatique, virtuose apostat,
Jouant de ses accents,
De variables états,
Ou de Socrate, secret émule,
Je me revois, jouant à des formules,
Sur les monts athéniens,
Alchimiste fiévreux ou morne apothicaire,
Mon avenir enfin en bandoulière,
Sur des chemins jordaniens,
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